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Fukushima: un employé décède, les scientifiques craignent une catastrophe

Source : L’expansion

Un employé de la centrale nucléaire est mort d’un arrêt cardiaque. Les scientifiques s’inquiètent eux des risques d’un nouvel incident potentiellement dévastateur.

Il s’agit du cinquième décès enregistré à Fukushima Daiichi depuis l’accident survenu en mars 2011. Un employé de la centrale nucléaire accidentée, âgé d’une cinquantaine d’années, est mort d’un arrêt cardiaque, a annoncé le gérant du site ce jeudi. L’opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) a estimé que ce décès ne semblait pas lié aux niveaux de radiation élevés dans cette centrale située à 220 km au nord-est de Tokyo.

Selon Tepco ce travailleur a été victime d’un arrêt cardiaque mercredi alors qu’il travaillait à l’installation d’un système de stockage pour de l’eau radioactive. Le personnel médical n’a pu que constater son décès. « Il ne semble pas y avoir de lien de causalité entre sa mort et la radioactivité car il est mort d’une attaque cardiaque », a souligné un porte-parole.

Une dose cumulée de 25,24 millisieverts a été mesurée sur l’employé décédé, d’après Tepco. La règle en vigueur au Japon prévoit que les travailleurs du nucléaire peuvent être exposés à un maximum de 50 millisieverts pendant une année et jusqu’à 100 millisieverts cumulés pendant cinq ans.

Quelques 3.000 travailleurs sont à pied d’oeuvre à la centrale endommagée pour sécuriser le site, assurer un refroidissement régulier des réacteurs et préparer leur démantèlement. Une bonne part de ces tâches implique des conditions de travail difficiles pour le personnel, a reconnu le porte-parole.

Le pire est-il à venir ?

Mais la communauté scientifique s’attendrait au pire. Le Nouvel Observateur est revenu mercredi sur ce qui pourrait causer le plus grand accident nucléaire de l’histoire, bien au delà de celui de Tchernobyl. En cause, la piscine du réacteur numéro 4 de la centrale. Ce cube de béton de 11 mètres de profondeurs est rempli d’eau et de combustibles nucléaires (264 tonnes). Il n’est aujourd’hui protégé que par une bâche de plastique, l’exposant à des risques incommensurables. L’hebdomadaire explique ainsi que si elle venait à s’écrouler ou à se vider, les 264 tonnes de déchets dégageraient 10 fois plus de radioactivité que l’accident de Tchernobyl. Pour certains, cela causerait « la fin du Japon moderne » et une calamité pour tout l’hémisphère nord.

Mardi, l’opérateur Tepco a dévoilé le résultat d’analyses réalisées sur des poissons au large des côtes japonaises. Il a constaté un record de radioactivité prélevé sur des lottes. Pêchées le 1er août dernier à 20 kilomètres de la centrale, les scientifiques ont relevé un niveau de radioactivité 258 fois plus élevé que la limite fixée par le gouvernement dans l’alimentation.

Devant l’ampleur des dégâts, le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda a confirmé hier sa volonté de sortir le pays de sa dépendance au nucléaire, préparant un plan énergétique pour l’horizon 2030.

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Auteur : Thierry ROBY

roby_th@yahoo.fr

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