Citoyenneté Action Participation pour le 21ème siècle

Cap21 soutient les lanceurs d’alertes

L’histoire nous apprend que le progrès technologique a été un facteur de développement humain considérable mais qu’il peut aussi avoir des conséquences sanitaires et environnementales désastreuses qui n’ont pu être empêchées faute d’une évaluation suffisante et de processus de décision efficaces. Les exemples sont nombreux dans l’histoire où des signaux précoces puis des avertissements évidents et tardifs ont été manifestement ignorés par ceux qui avaient le pouvoir d’agir.

Les organismes génétiquement modifiés font partie de ces nouvelles technologies suscitant la controverse scientifique quant à leurs possibles impacts pour la santé humaine et l’environnement. Plutôt que de reconnaître les signaux transmis par une partie de la communauté scientifique sur les risques que font peser certains OGM et de mettre en œuvre des politiques publiques proportionnées permettant de lever rapidement l’incertitude, l’histoire semble se répéter. Ainsi les chercheurs qui osent poser le doute sur les plantes OGM comme Gilles Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen et co-directeur du pôle pluridisciplinaires « Risques » se trouvent attaqués, dénigrés par certains de leurs pairs issus en particulier de l’Association Française des Biotechnologies Végétales, parrainée par des chercheurs bien connus comme Claude Allègre et Axel Kahn, et présidée par Marc Fellous, professeur de génétique et ancien président de la Commission du Génie Biomoléculaire (chargée d’évaluer les OGM avant le Grenelle de l’Environnement).

La question de l’organisation de la controverse scientifique, de la protection des lanceurs d’alerte reste toute entière à ce jour malgré les propositions que Corinne Lepage avait formulées dans le rapport remis en 2008 à Jean-Louis Borloo sur la gouvernance écologique.

C’est la raison pour laquelle CAP21 apporte son plein et entier soutien à Gilles-Eric Séralini dans le procès qui l’oppose à Marc Fellous et dont l’audience se déroulera le 23 novembre prochain.

Nous renouvelons les propositions d’instaurer un véritable statut de protection des lanceurs d’alerte et de créer une Haute autorité de l’expertise en sécurité sanitaire et environnementale dont une des missions serait de renouveler les règles de l’expertise par l’élaboration d’un code de déontologie.

Le débat contradictoire est indispensable dans le processus de l’expertise et la France doit se donner les moyens d’une politique ambitieuse tant dans l’intérêt de l’innovation que de celui de la protection de la santé humaine et de l’environnement.

Fait à Paris, le 17 novembre 2010

Eric DELHAYE, Président délégué de CAP21

Cap21 appelle ses adhérents à participer au rassemblement le mardi 23 novembre à 12h devant le Tribunal de Grande Instance, Ile de la Cité, rue de Lutèce (Paris)

Corinne Lepage témoignera à 13h30 lors du procès.

Marianne Buhler interviendra à 14H30 lors de la réunion publique « Expertise scientifique et décisions politiques » Péniche Alternat, Quai de la Tournelle (Pont de l’Archevéché /Pont de la Tournelle).

Tous les détails et pétition de soutien à Gilles-Eric Séralini sur le site de la Fondation Sciences Citoyennes

Voir la vidéo : Corinne Lepage soutient les lanceurs d’alertes

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