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Le « train de l’enfer » bloqué quelques heures par des militants antinucléaires

Le train de déchets nucléaires allemand parti de Valognes vendredi 5 novembre en début d’après-midi a été bloqué pendant quelques heures à Caen par des militants antinucléaires, selon la police. Ce convoi ferroviaire à destination de l’Allemagne, surnommé le « train de l’enfer » par le réseau Sortir du nucléaire, doit atteindre samedi Gorleben, en Basse-Saxe, sous la haute surveillance de militants écologistes.

Les quatorze wagons transportant 123 tonnes de déchets nucléaires vitrifiés, ont été bloqués quelques centaines de mètres avant la gare de Caen par quatre militants qui se sont enchaînés à la voie ferrée. Le train est finalement reparti vers 19 heures. Conséquence de ce blocage, aucun train ne circulait entre Caen et Cherbourg, dans les deux sens, et une douzaine de TER ont dû être supprimés. Des retards de trente à quatre-vingt-dix minutes étaient par ailleurs enregistrés pour une dizaine de trains. Les militants de Greenpeace et de Sortir du nucléaire affirment qu’il s’agit du « transport le plus radioactif qui ait jamais eu lieu », le convoi concentrant selon eux « au moins deux fois plus de radioactivité que le total des pollutions radioactives émises par la catastrophe de Tchernobyl ».

LE CONVOI « LE PLUS RADIOACTIF DE L’HISTOIRE »

Plusieurs milliers d’opposants allemands au nucléaire ont prévu de manifester du 5 au 8 novembre contre ce transfert. Quelques dizaines de militants de l’organisation écologiste Greenpeace, qui appelle à ne pas perturber le parcours de ce qu’elle présente comme le convoi « le plus radioactif de l’Histoire », manifestaient vendredi près du lieu du départ.

Greenpeace a indiqué ne pas vouloir empêcher le transfert car, selon le directeur de l’association en France, Pascal Husting, « ce n’est pas à la France de gérer les déchets produits par les centrales allemandes ». Il précise également qu’il ne faut pas que ces déchets soient entreposés à Gorleben, car « il n’y a là qu’un hangar ».

Le convoi est également composé de trois wagons réservés aux forces de l’ordre chargées d’en assurer l’acheminement vers l’Allemagne malgré les protestations attendues. Pour le directeur de Greenpeace International, le Sud-Africain Kumi Naidoo, « ce transport est un symbole terrifiant de l’industrie nucléaire ».

UNE « OUTRANCE MANIFESTE » POUR ANNE LAUVERGEON

De son côté, Anne Lauvergon, la président d’Areva, a estimé sur France Info que Greenpace était « dans l’outrance manifeste », critiquant l’ONG « qui ne réagit que lorsque c’est un transport vers l’Allemagne » et pas vers les autres pays. Elle a également ironisé sur la référence par des écologistes au « plus grand convoi radioactif ». « C’est le onzième et il y a la même quantité ou presque de radioactivité à chaque fois », a-t-elle assuré.

« Imaginer qu’on prenne le moindre risque dans le transport… A la fois pour l’Etat français et pour nous, c’est une insulte », a-t-elle déclaré. « Cette outrance frôle le ridicule », a ajouté la présidente d’Areva, assurant qu’il n’y avait « pas de raison d’avoir peur. (…) Vous avez des casques, d’énormes sphères ou cylindres d’acier qui protègent » les déchets. « Même si un wagon tombe, rien ne se passe », a-t-elle poursuivi.

« La vraie lutte, c’est le changement climatique », a par ailleurs argué Mme Lauvergeon en direction des écologistes qui s’opposent à ce convoi.

Source : LeMonde.fr

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Auteur : Thierry ROBY

roby_th@yahoo.fr

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