Citoyenneté Action Participation pour le 21ème siècle

Et la banlieue qui gronde …

Depuis les émeutes de Clichy en 2005, et de Villiers le bel en 2007, après l’annonce du « plan marshall » pour les banlieues, que reste-t-il de tout cela ? Les politiques français, UMP, PS, PCF, … aiment vivre dans une réalité virtuelle, magnifique et ambitieuse, une sorte de « Enarque Book », en instituant des nouveaux dispositifs (ANRU, réforme de la DSU, ZEP, ZUP …, qui bien entendu doivent apporter LA solution.

Et en attendant …

On lâche des jeunes profs, justes sortis de l’IUFM, pour des postes dans les quartiers difficiles, parce que les profs plus anciens (donc plus expérimentés et mieux préparés), qui eux ont la possibilité de choisir leur affectation, choisissent de ne pas y aller, et on ne peut pas les blâmer.

Donc le collège, puis le lycée, dont les profs sont dépassés, et parce qu’un certain ministre de l’éducation nationale avait décrêté que « 80 % d’une classe d’âge devait avoir le bac », amènent beaucoup de bacheliers à l’Université, sans bien maîtriser au préalable les notions essentielles (l’écrit notamment).    

Petit à petit, à force de lâcheté et de démagogie, on arrive peu à peu à amener une génération entière de frustrés, associaux, qui croient que la collectivité se résume à leur clan d’amis du quartier, dont les perspectives se résument à la débrouille, et la galère (1).

Sarkosy, et son artéfact HORTEFEUX, misent sur les voies du FN. De son côté des personnalités du PS, d’Ile de France notamment, font semblant de se préoccuper de la question, an feignant de vouloir « recadrer » ces jeunes, à coup de grande morale humaniste …  

En l’état de la situation, il faudrait déjà bien définir (ou redéfinir) le baton (l’ordre public), et la carrotte (l’intérêt à s’insérer dans la Société). Comment ? Beaucoup de moyens publics ont été déployés depuis plus de 20 ans, et sans grands résultats malheureusement.

Investir dans une réelle politique cohérente de formation, et non simplement voter des dotations financières. Que l’Ecole entretienne des rapports étroits avec les entreprises. Car le but de la formation, c’est d’amener à une qualification et donc à un emploi. D’une manière générale, les institutions publiques, et leur cadre, devraient agir de manière réllement désintéressée. Si une Association, animée par des bénévoles, qui apportent leur expérience et leurs compétences,  et contribue déjà à apporter des résultats notables, pourquoi vouloir les copier (et les squeezer), généralement sans disposer des compétences équivalentes, juste pour usurper le début de résultats, qui de ce fait s’arrêtent rapidement. 

Laissez les intervenir, apprendre aux jeunes qui en ont besoin, à se présenter, à se comporter en collectivité. Arrêtez de faire les intéressants, d’usurper le travail des autres, des travailleurs sociaux anonymes, des bénévoles d’Association, qui travaillent sans avoir besoin de faire parler d’eux, qu’il yait un micro ou une caméra pour flâter leur égo.

Non ces jeunes, ce n’est pas des « racailles », tout au plus des enfants qui s’égarent. Il faut simplement, mais c’est devenu aujourd’hui un grand défi, les amener à vouloir s’associer à la collectivité, en leur apprenant à se considérer, et à être sur d’eux, et de leur place dans la Société. 

Par Thierry ROBY, le 14 octobre 2010

(1) Curriculum Mortae, Editorial de Christophe BARBIER, L’Express du 18/08/2010.

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Auteur : Thierry ROBY

roby_th@yahoo.fr

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