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DES ATELIERS RELAIS POUR PRÉVENIR LE DÉCROCHAGE SCOLAIRE

LA LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT DU VAL D’OISE COORDONNE UN DISPOSITIF DE PRÉVENTION DES RISQUES DE DÉCROCHAGE SCOLAIRE, LES ATELIERS RELAIS.
POSITIONNÉS À ARGENTEUIL, GARGES-LÈS-GONESSE ET VILLIERS-LE-BEL, ILS ACCUEILLENT DES COLLÉGIENS EN SITUATION DE REJET DE L’INSTITUTION SCOLAIRE ET EN VOIE DE DÉSCOLARISATION.

L’école est au cœur de récurrents débats, portant à la fois sur ses moyens humains et financiers, sur sa capacité à poursuivre un dessein d’égalité des chances, ou encore son adéquation avec les transformations sociales contemporaines. Ces questionnements
viennent, par ailleurs, se greffer aux interrogations, anciennes ou plus récentes, sur les rapports entretenus entre les institutions et la jeunesse.
Le décrochage scolaire, qui caractérise un processus complexe conduisant à la rupture entre l’élève et l’institution scolaire, n’est pas un phénomène nouveau. Engagée de longue date sur cette question, la Ligue de l’enseignement du Val d’Oise invite à se préserver de la stigmatisation qui accompagne le recours à ce terme.
L’élève en phase de décrochage n’est pas systématiquement un élève perturbateur ou ingérable. Il éprouve plus généralement des difficultés pour s’adapter au cadre et aux règles régissant le fonctionnement scolaire. « Nous défendons une approche qui part de
l’élève et prône l’adaptation de l’école à sa situation, et non exclusivement l’inverse » précise Farid Benlazar, délégué Vie Scolaire de la Ligue.
Le désinvestissement scolaire répond à des problématiques socio-économiques et familiales spécifiques à chaque élève.  Toutefois, un élément commun est à sa
base : la démotivation.
Redonner du sens à l’École La démarche éducative des ateliers relais s’appuie sur l’ambition de convaincre les élèves de l’intérêt des apprentissages et de réinscrire l’École comme moteur d’épanouissement personnel et vecteur d’opportunité dans les trajectoires des jeunes, grâce à un accompagnement sur leur temps scolaire durant 8 semaines.

La ligne de conduite de la Ligue a été, dès l’origine, de se positionner dans un rôlede prévention du décrochage scolaire.Trois principes prévalent dans la création et le fonctionnement du dispositif :

– l’inscription dans le local et la proximité- accueil des élèves des collèges de la ville exclusivement,

– un dispositif « horsles-murs » : mise à disposition par les villes de locaux en dehors des collèges,

– une démarche pédagogique misant sur la pluridisciplinarité – équipe encadrante avec des enseignants, des intervenants associatifs, un coordonnateur de la Ligue,…-.

Les ateliers relais accueillent des élèves de 6ème et 5ème à Garges-lès-Gonesse et Villiers- le-Bel, et de 5ème et 4ème à Argenteuil. Ils sont repérés par les équipes des collèges au regard de problématiques d’absentéisme, de situations de blocage face aux
apprentissages ou de conflits avec les adultes ou entre pairs. Trois commissions d’admission, rassemblant l’équipe pédagogique du collège et la Ligue, se tiennent dans l’année pour identifier des élèves auxquels sera proposé le dispositif.
« La composition du groupe, de 6 jeunes en moyenne, est une étape importante et
repose sur l’adhésion volontaire au projet des élèves et de leur famille » souligne Hichame Soufiane, coordonnateur de l’atelier de Garges-lès-Gonesse.
Davantage que le programme scolaire traditionnel, le projet pédagogique repose sur le renforcement des bases (la lecture par exemple) pour conforter le socle d’apprentissage, l’ouverture des enseignements avec l’intervention d’acteurs associatifs issus des domaines
culturels et sportifs, ainsi que la valorisation des compétences de l’élève, avec une attention portée sur les progrès effectués durant la session. Le suivi des élèves par les enseignants de leur collège revêt également une importance particulière. Rodrigue Bonus,
coordonnateur de l’atelier de Villiers-le-Bel, explique, en effet, « qu’un enjeu fort du dispositif est de permettre la reconstruction des rapports entre enseignants et élèves ». Dans cette optique, le rôle de médiation et de coordination de la Ligue est prépondérant. L’atelier fait, par ailleurs, figure de laboratoire pédagogique permettant l’expérimentation de méthodes d’apprentissage que les enseignants ne peuvent envisager dans le cadre d’une classe traditionnelle.

L’impératif de retour au collège

Dès l’admission de l’élève, une feuille de route est établie pour envisager son retour au collège. Cette anticipation apparaît effectivement capitale pour garantir la réussite de la démarche. L’accompagnement de l’élève après la réintégration de sa classe est assurée,
soit collectivement par l’équipe pédagogique du collège (Villiers-le-Bel), soit par un enseignant référent qui dispose d’une fiche de suivi permettant de juger, en fin d’année, des bénéfices produits par sa participation à l’atelier (Garges-lès-Gonesse).
Les ateliers relais disposent aujourd’hui d’une assise par la consolidation du partenariat entre la Ligue de l’enseignement, l’Inspection académique, les établissements scolaires, les Villes (avec les équipes de réussite éducative notamment) et des associations sportives
et culturelles. Toutefois, la Ligue exprime certains points de vigilance. D’une part, la structure préconise de préserver le dispositif en tant que tremplin pour réinscrire les élèves dans leur trajectoire scolaire et non comme une filière d’orientation pour des jeunes en rupture. D’autre part, elle invite à conserver le caractère volontaire de l’adhésion du
jeune et de sa famille dans le dispositif, afin que ce dernier ne soit pas perçu comme une sanction mais bien comme un projet pédagogique. Enfin, la mobilisation des équipes pédagogiques nécessite, encore, d’être stabilisée et élargie.

Contact : F. Benlazar, farid.benlazar@ligue95.com

Source : Lettre d’information Résonances n°123

http://www.poleressources95.org/publications/resonances.php

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