Citoyenneté Action Participation pour le 21ème siècle

La République : ou la nécessité de retrouver le Consensus public

On évoque régulièrement la mise en place, ou la reconnaissance publique, d’une Démocratie Participative. Pourtant bien souvent, si des initiatives ont été engagées, il semble que cela ne corresponde pas encore à une réalité politique, à savoir la prise de décisions collectives et consensuelles. En effet si les acteurs de la Société Civile, qui s’engagent dans l’action associative et bénévole et dont l’utilité collective est indéniable, sont exclus des décisions publiques.

En fait les « institutions participatives » expérimentées (notamment les conseils de quartier), n’ont qu’un rôle consultatif et non décisionnel. Pourtant les questions politiques posées, amènent une gestion de plus en plus individualisée (orientation professionnelle, accessibilité des lieux publics,  place de la religion et de ses institutions dans la Société, valeurs éducatives transmises aux enfants …). Alors pourquoi nos institutions publiques (Etat, collectivités territoriales) ne sont pas en mesure de trouver les solutions aux situations qui se posent. Les retraites, les difficultés particulières des jeunes à s’insérer professionnellement, à se construire dans la Société …

La décentralisation engagée, loin de permettre une politique publique plus réactive et efficace, a conduit à construire un enchevêtrement d’institutions (région, département, communes, communautés d’agglomérations et de villes), dont les majorités politiques (quelque soit le parti) semblent plutôt se concentrer à promouvoir leur image au lieu de chercher à comprendre les besoins et y répondre par des moyens adaptés. Une sorte de mise en concurrence des institutions entre elles.

Le dialogue social est très difficile, notamment du fait de la faible représentativité des syndicats. L’Etat se supplée donc aux partenaires ainsi diminués, dans une négociation déséquilibrée.

Depuis plus de 30 ans, la France vit sur un mythe, continuant à prétendre distribuer une richesse que l’économie réelle ne produit plus (*). Les réformes engagées ont été, pour la plupart, une succession de fuite en avant. Les générations qui viennent (de 20 à 30 ans aujourd’hui) vont devoir payer la facture, et elle sera lourde. Dans un livre récent, jacques ATTALI reprend l’histoire de la dette souveraine (publique) des pays développés, dont la FRANCE. A la différence des situations antérieures, où l’emprunt finançait les conquêtes de territoires et de l’exploitation des richesses fournies, la dette publique aujourd’hui ne représente plus un investissement bien défini (et arbitré), mais une compensation pour les déséquilibres générés du fait du recul des institutions publiques dans la Société. Quid de l’investissement dans notre système éducatif public et de la qualification professionnelle, du développement des services de proximité, du soutien de la recherche dans l’économie verte (production d’énergie alternative, de partenariat productifs avec les pays du continent Africain …

Pourtant un consensus public doit être trouvé (ou réinventé). Aucune réforme, si bonne soit-elle, ne pourra produire les effets bénéfiques attendues, si elle est mal comprise et ainsi rejetée. Associer au débat et aux décisions publiques, les personnes concernées par les questions, ne présente pas une perte de temps mais bien au contraire, la seule méthode permettant d’engager des mesures adaptées et pérennes. Promouvoir l’investissement des individus dans la collectivité, et sortir de cette relation où le citoyen se comporte en consommateur de prestations. Associer réellement les partenaires sociaux (Syndicats, représentants des Entreprises) aux engagements définis, où chacun serait responsable des actions prises, y compris par les institutions privées. Par exemple, la réforme nécessaire de notre système de retraites, amènera inévitablement à une réorganisation des conditions de travail, et à une remise en cause de certains ajustements économiques préjudiciables (plans de départ anticipé à partir de 57 ans, généralisés dans les grandes entreprises, au nom de la compétitivité ). Puisqu’il faudra travailler plus longtemps, il sera humainement et socialement nécessaire de travailler dans de meilleurs conditions. Ces changements engagent l’ensemble des parties prenantes à la collectivité publique.

Thierry ROBY

* « Innovons dans le domaine social pour réinventer l’Etat-providence » analyse par Nicolas BAVEREZ, Le Monde du 10/8/2010

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Auteur : Thierry ROBY

roby_th@yahoo.fr

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