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La Cour des comptes sonne l’alarme sur les finances

Reuters Jean-Baptiste Vey

Sans une action immédiate et forte du gouvernement, l’objectif de ramener le déficit à 3% du PIB en 2013 n’est pas assuré, ni la « soutenabilité » à moyen terme des finances publiques, a dit son premier président, Didier Migaud.

L’optimisme des prévisions gouvernementales de croissance et d’évolution des finances doit être immédiatement compensé par de nouvelles mesures, a précisé l’ancien président socialiste de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

« L’état de nos finances publiques s’est aggravé de façon très sérieuse en 2009 et début 2010. La situation n’est pas encore irréversible, si la France s’attelle dès maintenant à une action de redressement forte, crédible et durable », a-t-il dit devant les commissions des Finances et des Affaires sociales de l’Assemblée.

« Si la gravité du mal dont nos finances publiques sont atteintes est de longue date chronique, ce mal a franchi un nouveau stade. Il y a donc urgence à prendre des mesures immédiates, sauf à hypothéquer notre indépendance et notre souveraineté si les tendances actuelles devaient se poursuivre », a-t-il ajouté.

Didier Migaud présentait le rapport de la Cour sur la situation et les perspectives des finances publiques, préalable au débat d’orientation budgétaire qui commencera le 29 juin.

CONSERVER LA CONFIANCE DES PRÊTEURS

« Le gouvernement entend ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013. Mais la Cour est dans son rôle lorsqu’elle indique que les conditions de ce rétablissement sont loin d’être assurées à ce jour », a déclaré Didier Migaud.

Il a ainsi souligné que la prévision de croissance du gouvernement était optimiste (2,5% par en moyenne de 2011 à 2013), tout comme celle de réaction des recettes publiques à la croissance ainsi que l’objectif de contrainte des dépenses.

« La soutenabilité des finances publiques de la France n’apparaît dès lors pas assurée à moyen terme, sauf si bien sûr des mesures sont prises », a ajouté Didier Migaud.

Le projet de réforme des retraites annoncé par le gouvernement réduit peu le déficit à court terme, alors qu’il y a urgence, a-t-il dit, en plaidant pour d’autres mesures.

Le premier président de la Cour des comptes a jugé impératif la fin des baisses d’impôts et inévitable une hausse des prélèvements, sa préférence allant aux coupes dans les niches fiscales et sociales.

Interrogé sur d’éventuels risques pesant sur la notation souveraine AAA de la France, Didier Migaud a déclaré à Reuters que « si le gouvernement agit, il n’y a aucune raison que les prêteurs doutent de la confiance dans la capacité de la France ».

« Le gouvernement me parait avoir entendu et être tout à fait conscient de la situation, qui est sérieuse mais pas irréversible », a-t-il ajouté.

Comme ses partenaires européens, la France promet une réduction rapide de ses déficits qui permettrait de stabiliser une dette publique qui a gonflé en raison de la crise.

Le gouvernement français s’est engagé à réduire le déficit public à 3% du PIB en 2013, contre 8% cette année, par une maîtrise sans précédent des dépenses et un bond des recettes lié à une croissance attendue à 2,5% de 2011 à 2013, supérieure aux prévisions de plusieurs institutions et économistes.

Dans leur réponse figurant dans le rapport de la Cour, les ministères de l’Economie et Budget précisent qu’une nouvelle série de réformes sera annoncée prochainement par Nicolas Sarkozy dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques qui vise à réduire les dépenses publiques.

Des sources parlementaires UMP ont parallèlement annoncé mercredi que la traditionnelle garden-party de l’Elysée à l’occasion de la Fête nationale n’aurait pas lieu le 14 juillet pour des raisons d’économies en période d’austérité.

Édité par Gilles Trequesser

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