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Solar Impulse: la technologie au service de l’énergie solaire

Tout a été réfléchi dans cet avion pour que énergie solaire, fiabilité et confort du pilote soit au rendez-vous.

L’avion expérimental Solar Impulse a atterri jeudi 8 juillet au matin sans encombre après un vol de 26 heures uniquement propulsé par l’énergie solaire et ses batteries, ouvrant la voie à un tour du monde prévu pour 2013, a constaté un journaliste de l’AFP.
L’appareil, piloté par André Borschberg, a touché la piste de la base militaire de Payerne, dans l’ouest de la Suisse, à 9h01, accueilli par les applaudissements d’une centaine de spectateurs.

Sous un ciel bleu azur, le prototype immatriculé HB-SIA a roulé sur la piste et s’est arrêté au bout d’une centaine de mètres seulement.
Le prototype, dont les ailes sont recouvertes de 12.000 cellules photo-voltaïques alimentant ses quatre moteurs électriques, avait décollé mercredi matin et a poursuivi sans interruption son vol de nuit, une première pour l’appareil et l’équipe. L’appareil aurait pu poursuivre son vol: « il capte suffisamment d’énergie pour remonter en altitude et passer une nouvelle nuit », s’est réjoui Bertrand Piccard, le promoteur du projet qui a accueilli le pilote en aidant à ouvrir le cockpit.
« C’est un plaisir d’être de retour! », s’est exclamé André Borschberg, âgé de 57 ans, à la descente de l’appareil. « J’ai l’impression d’être encore en l’air, d’être loin depuis tellement longtemps », a-t-il dit.

Les traits tirés par la nuit mais visiblement en forme, il a été félicité par les membres de l’équipe réunie sur la piste d’atterrisage.
M. Borschberg, qui a utilisé des techniques de yoga et de respiration pour rester éveillé, a expliqué à la presse qu’il se sentait « vraiment en confiance ».
« On a fait très, très attention à gérer les économies d’énergie. On a eu beaucoup plus (d’électricité) qu’on ne voulait en avoir », a lancé le pilote. Grâce à un pilotage très précis, l’avion « a généré plus d’énergie la journée et en a consommé moins la nuit », s’est-il félicité.

Un véritable bijou technologique

« Tout a été pensé et conçu à la fois pour économiser l’énergie, résister aux conditions hostiles que subissent le matériel et le pilote en haute altitude et intégrer les contraintes de poids aux impératifs de résistance », explique l’équipe de Solar Impulse. L’avion totalise la taille d’un long-courrier A340 avec une envergure de 63,40 m, mais avec un poids de seulement 1.600 kg, soit celui d’une voiture.

Les batteries en lithium-polymère de 400 kg installées sur l’avion, qui ont été rechargées par les panneaux solaires tout au long de la journée de mercredi, ont fourni l’énergie nécessaire pour maintenir l’appareil en l’air durant le vol nocturne. Ces panneaux solaires apportent environ 8 cv de puissance en moyenne aux moteurs, soit « à peu de chose près ce dont disposaient les frères Wright en 1903 lorsqu’ils ont réalisé le premier vol motorisé », indiquent les organisateurs. Afin de gagner en poids, les ingénieurs ont donc dû opter pour des matériaux composites légers en fibre de carbone et structure de nid d’abeille, ce qui leur confère une grande stabilité avec un faible poids. Autre élément destiné à grignoter du poids, le plafond d’altitude a été limité à 8.500 m afin de ne pas avoir recours à une cabine pressurisée, de limiter la consommation d’énergie et réduire le nombre d’instruments sur le tableau de bord.

Solar Impulse avait réussi le 7 avril en Suisse son premier vol d’environ une heure et demie, première étape d’une série d’essais. Le prochain objectif de ce projet de 100 millions de francs suisses (75 millions d’euros) consiste à construire un second prototype, plus grand et doté de meilleures performances. Ce nouvel appareil doit effectuer à partir de 2013 un survol de l’Atlantique, a précisé M. Borschberg.
L’objectif final d’un tour du monde par étapes est prévu à l’horizon 2014.
Le projet de faire voler un avion sans kérosène et uniquement alimenté par l’énergie solaire n’est pas censé aboutir à des applications commerciales dans l’aviation, a admis Bertrand Piccard. Il est plutôt destiné à éveiller les consciences à l’utilisation des énergies vertes.
« Nous avons toujours parlé de notre conviction qu’il est possible de se débarrasser de notre dépendance aux énergies fossiles. C’était une conviction, mais il n’y avait pas de preuve », a souligné M. Piccard, issu d’une lignée de pionniers.
« La plus grande aventure de notre nouveau siècle est de passer des énergies polluantes (…) aux énergies vertes. Cela peut maintenant être prouvé » avec le vol de Solar Impulse, a-t-il conclu.

(Nouvelobs.com avec AFP)

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